Les Techniques Agroécologiques

 

Comment lutter contre l’érosion ? 

L’érosion se définie par la perte de la couche fertile du sol (argile et matière organique principalement). Elle est causée, soit par un fort ruissellement, soit par des vents violents. Ce grave phénomène touche les sols nus ou faiblement couverts.  

Les diguettes.

 En construisant des diguettes, butes d’une trentaine de centimètres, on empêche le ruisellement de l’eau. Les éléments fertiles restent ainsi sur la parcelle et l’eau s’infiltre vers la nappe qui alimente les puits, au lieu de partir directement vers les cours d’eau.

Les diguettes peuvent être construites de diférentes façons selon les régions. Soit directement avec l’argile, soit avec des sacs de sable ou enfin avec des pierres volcaniques. Pour une efficacité optimale, le dénivelé entre deux diguettes successives doit être inférieur ou égal à la hauteur des diguettes. Elle s’adaptent donc à des sols à faible dénivelé.  

Les haies 

Une haie vive haute et dense qui encadre les parcelles protège efficacement du vent, réduisant considérablement l’érosion éolienne. De plus, le vent participe à l’assèchement du sol en augmentant l’évaporation, diminue sa vigueur, limite donc les pertes en eau.

Par ailleurs, les haies offrent une production secondaire (fruits, bois,etc.) et abritent la faune auxiliaire. Elles peuvent être implantées sur les diguettes d’argile pour être consolidées. 

Ainsi, les diguettes luttent contre la perte d’éléments par ruissellement et augmentent les réserves en eau de la nappe. Les haies diminuent l’érosion éolienne et l’évaporation tout en offrant une production secondaire.

 

Les feux de brousse 

Pour chasser du petit gibier ou pour faire fuir les serpents ou pour avoir accès au bois de chauffe, certains maliens ont pour habitude de faire des feux de brousse, les conséquences sont désastreuses. Tout d’abord ces feux privent les éleveurs d’une importante source fourragère pourtant rare. En suite ils exposent les sols à l’érosion. Enfin, ils empêchent le reboisement et détruisen la biodiversité.

 

 

 

Comment fertiliser un sol ?

Le compost

En agro écologie, le compost est la clé de la fertilisation. Il se constitue essentiellement de débris végétaux et de déjections animales mais peut aussi contenir des cendres, des os broyés, ou des plumes. Après 2 mois d’évolution, et 3 retournements, on obtient un compost riche et prêt à l’emploi. Au cours du processus de fabrication il subit des phases d’échauffement qui détruisent les germes pathogènes et ôtent leur faculté de germination aux graines adventices. C’est pourquoi on dit que le compost est un fertilisant sain. Il apporte essentiellement des éléments organiques qui doivent encore être minéralisés pour être absorbé par la plante. Cette ultime dégradation à lieu petit à petit. Le compost a donc un effet à long terme.

Au Mali les fortes températures contribuent à une dégradation rapide de la matière organique. Or, cette dernière joue un rôle clé dans la structure du sol, son aération, sa rétention en eau, et sa capacité d’échange de cation. En conséquence de ça, les agro écologistes enrichissent leur sol en matière organique notamment par le biais du compost. Enfin, ce fertilisant accessible à moindre coût mais demande un travail important.

Oumar complète sa fertilisation par des fientes de volailles, élément très riche et assez bien minéralisé. Il l’apporte lorsque ces cultures ont des besoins plus importants.  

Le compost permet d’enrichir le sol sur le long terme, en améliorant sa structure, sa capacité de rétention en eau, pour un coût moindre. L’ajout ultérieur de fiente de volaille peut compléter cette fertilisation.  

Dans ces expérimentations, Oumar travaille à l’utilisation de termitières noire qui possède des caractéristiques semblables au compost.

 

Le Zaï 

Sur des sols pauvres, les semis sont effectués dans des poquets remplis de compost. Cette méthode appelée zaï était initialement pratiquée par les Dogons. En insérant le compost dans les poquets on est certains qu’il ne sera pas entraîné par l’eau. De plus, grâce à cette technique, les éléments fertiles sont situés au plus près de la plante. Enfin, cette méthode nécessite une moindre quantité de compost par unité de surface.

Les poquets ont des tailles variables selon les cultures, de 20 à 40cm de diamètre. Généralement, on insère 2 graines par poquets. En les changeant de place d’une année sur l’autre, on enrichit peu à peu toute la surface qu’on peut ensuite travailler dans sa globalité.

Ainsi, le zaï permet d’enrichir petit à petit un sol pauvre grâce à de faibles quantités de compost, il place les éléments nutritifs au plus près de la plante et empêche le compost d’être emporté par l’eau.

  

Oumar recherche l’indépendance sur tous le plans y compris sur celui de l’autonomie financière. Pour cela, il sélectionne pour chaque espèce quelques pieds dont il va conserver les graines. Il développe à cette fin des techniques de conservation telle que l’utilisation des feuilles de neem.

 

 

Comment gérer l’eau?

La problématique de l’eau est majeure au Mali. Bien souvent, elle est le principal facteur limitant à un bon rendement. Pour autant, les ressources sont loin d’être négligeables. S’il est vrai que les précipitations sont faibles dans le nord du pays comme à Gao (250mm/an). Elles sont bien plus abondantes à Bamako (900mm/an) et dépassent même 1500mm dans la région de Sikasso. Le problème n’est donc pas tant la quantité que la répartition. En effet, l’essentiel des précipitations ont lieu en juillet et en août, alors qu’il ne pleut pas de Novembre à Mai.

Par ailleurs, le Niger, deuxième fleuve d’Afrique traverse le Mali sur près de 1700km. Il offre donc d’importantes ressources hydriques potentiellement valorisables en agriculture. 

 

Afin de gérer au mieux cette ressource, plusieurs techniques présentées ci-dessous sont mises en œuvre. 

Les planchettes 

Afin que l’eau soit également répartie lors de l’arrosage, le potager est divisé en planches de taille variable (de 1 à 2m²). Elles sont délimitées par des petites buttes. Ces dernières servent aussi de zones de passage, limitant ainsi le tassement des zones cultivées.

 

Le binage 

Dans un sol bien aéré, l’eau remonte moins vite par capillarité, il y donc beaucoup moins d’évaporation. Le binage augmente fortement l’aération du sol et réduit de ce fait l’évaporation. C’est pourquoi on dit que: «un binage vaut deux arrosage». Cette aération limite aussi l’acidification du sol. Enfin l’action mécanique du binage réduit les adventices.

 

Le paillage 

En ajoutant de la paille, ou tout autres débris végétaux au pieds de la culture, ou tout autre débris végétaux, aux pieds des cultures, on protège le sol des rayons du soleil. Ainsi, l’évaporation diminue. De plus, la présence de paille constitue une barrière physique contre les adventices. Enfin, en ce dégradant, la paille enrichit le sol en matière organique.

Ainsi, la gestion de l’eau consiste avant tout à limiter les pertes dûes à l’évaporation (binage et paillage). Ensuite, il convient d’éliminer les adventices qui consomment l’eau et de bien répartir l’arrosage.

 

 

Comment lutter contre les ravageurs ?

 

Diverses menaces de destructions pèsent sur chaque récolte. La plupart sont liées aux insectes, qui attaquent directement ou transmettent des maladies. La lutte doit donc être principalement organisée contre ces organismes. Pour autant, il convient de rappeler que nombres d’insectes sont utiles, voire indispensables à l’agriculture. C’est notamment le cas des abeilles qui pollinisent. Aussi, la lutte doit être réfléchie pour ne pas engendrer de profonds déséquilibres de l’écosystème.

Le neem

En ce sens, le purin de neem s’avère une solution intéressante. En effet, la macération des feuilles de cet arbre, bien répandu au Mali, produit un puissant insectifuge, qui pour un meilleur effet, est associé à du savon. La solution s’applique deux jours consécutifs par semaine pour protéger efficacement les cultures.

De même que le neem d’autres végétaux, aux propriétés similaires, peuvent être utilisés, comme le kobi et le tabac.

Ce type de traitement est à moindres risques pour l’homme et l’environnement. Hormis le savon, tous les composants nécessaires sont naturellement présents dans le jardin. C’est donc une méthode peu coûteuse.

Ainsi, le purin de neem est un traitement efficace, simple à réaliser, sans danger et à moindre coût.

 Le docteur Diabate expérimente aussi le purin d’insecte pour compléter ses moyens de lutte.

 

Comment s’organiser ?

 Pour toute activité agricole, l’organisation est une clé de réussite. Ceci se vérifie particulièrement pour l’agroécologie, où le choix des rotations et des associations doit être judicieusement étudié.

La première étape consiste à établir une rotation des cultures en fonction des saisons. Il faut pour cela veiller à ce que les plantes d’une même famille ne se succèdent pas car généralement leurs besoins et leurs ravageurs sont similaires. Aussi, pour optimiser l’utilisation des ressources du sol et limiter les risques d’attaque, une bonne rotation est nécessaire.

Les plantes ayant des interactions, la réflexion se porte aussi sur les associations de cultures. Par exemple les légumineuses enrichissent le sol en azote, on les cultive donc au près de plantes exigeantes en azote. Le manioc repousse les thermites, sa proximité est donc appréciée par les plantes sensibles à ces dernières (tomates). Enfin, des plantes aux besoins différents, gagnent à être cultivées à côté, par exemple, le choux et la laitue.

Ainsi, une bonne gestion des rotations et des associations optimisera les ressources du sol et limite les risques de ravageurs ou maladies.

La tenue d’une comptabilité est aussi une pièce maitresse de l’organisation qui fait souvent défaut dans le milieu paysan au Mali. Pour cela, le centre incite ces stagiaires à tenir un journal comptable de leur activité.

 

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